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Collection est un livre shortlisté au Dummy Book Award des Rencontres Photographiques - Arles 2021.

 

L’exemplaire 1/20 de l’édition d’artiste est rentré dans les collections de l’École Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris, l’exemplaire 2/20 dans celles des Rencontres d’Arles.

Livre partiellement consultable en ligne : cliquer ici

Les collections photographiques de l'École Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris comprennent environ 70 000 photographies, principalement de la fin du XIXème siècle et du début du XXème, prises par des professionnels, des amateurs, des artistes ou des anonymes. 24 642 sont, à ce jour, consultables sur le catalogue en ligne Cat'zArts.

J'ai visionné chacune de ces 24 642 photographies. En me basant sur des critères d'une absolue subjectivité, j'en ai sélectionné 41. Ces images m'ont interpellé, elles avaient quelque chose à me dire. Peut-être aurais-je aimé les avoir prises moi-même ? Elles sont par essence de natures et de sujets très divers. Mais ce qu'elles ont en commun c'est certainement une forme d'étrangeté, qui a probablement à voir avec ce que Roland Barthes nomme le punctum.

Si ces images sont autant d'index du réel, comme le développe Rosalind Krauss dans son essai Notes sur l'index, elles sont également autant de mirages, de remises en question de cette réalité tangible au profit d'une réalité façonnée, lieu d'une fiction collective hallucinée.

J'ai pu avoir accès aux collections et photographier ces photographies. J'ai pris le parti pris de montrer les documents tels qu'ils sont, dans leur plus simple appareil,  à l'échelle, avec un cadrage et une lumière identiques.

Comme le note Vilém Flusser : l’homme « n’a pas directement accès au monde, de sorte que les images doivent le lui rendre représentable. Mais à peine l’ont-elles fait qu’elles s’interposent entre l’homme et le monde. […] Il n’est plus en mesure de les déchiffrer, il vit désormais en fonction de ses propres images : l’imagination [faculté spécifique de produire et de déchiffrer des images] s’est changée en hallucination. » 

C'est peut-être dans une tentative de déchiffrage ( ou bien au contraire de brouillage ), que je me suis approprié ces photographies par l'écriture de courts textes inspirés de celles-ci ; à nouveau de manière totalement subjective. Là encore la nature des textes est multiple et leur rapport au réel distendu.

Ces images sont autant de portes d'entrée vers notre humanité, ses composantes sociologiques, économiques et culturelles, nos croyances et mythologies, notre histoire et notre avenir.

Une fenêtre sur le monde.

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